Steeven Kodjia et Ousmane Dabo nous racontent l’ADN de French Deal

Interview

Steeven Kodjia et Ousmane Dabo nous racontent l’ADN de French Deal

Imaginez, un ancien danseur et designer dans le vent, un ex-footballeur international français passé par Rome ou encore un joueur NBA toujours en activité et vous obtenez la team de la marque streetwear de luxe, French Deal !

Si aujourd’hui, Supreme fait le bonheur de nombreuses maisons de luxe via des collaborations ponctuelles ou encore que Virgil Abloh, à l’origine de la marque Off White, a débarqué en tant que directeur artistique chez Louis Vuitton, c’est tout simplement que ce que l’on nomme le « streetwear de luxe » est le phénomène tendance dans la mode. Mais avant tout cela, Steeven Kodjia, ancien danseur professionnel avait déjà vu la puissance de la culture hip-hop liée aux codes du luxe. C’est comme cela qu’est née la marque French Deal et que l’ex-joueur de la Lazio Rome notamment, Ousmane Dabo et le joueur NBA des Washington Wizards, Ian Mahinmi, ont adhéré au projet. Aujourd’hui, nous vous présentons l’ADN de la marque via une interview de deux des trois associés, à savoir Steeven et Ousmane !

Déjà pour commencer, est-ce que vous pouvez vous présenter l’un et l’autre ?

Ousmane Dabo : Je suis un ancien joueur de football professionnel. J’ai joué beaucoup en Italie, j’ai commencé à Rennes et j’ai été international français. Après ma carrière, j’ai décidé de lancer une école de football au Sénégal et je fais tout pour la développer. Et enfin, je suis associé à la marque French Deal avec Steeven et Ian.

Steeven Kodjia : Je suis créateur de mode et fondateur de la marque French Deal avec mes associés Ousmane Dabo et Ian Mahinmi. Notre relation a tout d’abord commencé par une amitié et ensuite j’ai développé un projet dont je leur ai parlé. Ousmane a tout de suite adhéré au projet et Ian nous a rejoint dans un second temps dans l’aventure.

Vous pourriez tous les deux définir les mots Mode/hip-hop/Streetwear de luxe

S.K : Pour moi Mode=Identité/Hip-hop=Une culture et ma passion/Streetwear de luxe=Une évolution de notre culture, un lifestyle. Comme dans beaucoup de domaine, on va dire que dans le hip-hop, il y a le côté underground, le côté populaire et le côté élitiste. On veut donc créer une élite dans la mode streetwear. Quand je parle « d’élite », c’est en terme de produits, d’histoire et de savoir-faire.

O.D : Pour moi Streetwear de luxe=avenir/Mode=ADN/Hip-hop=Ma deuxième passion.

Vous avez tous les deux commencé par le sport. Quelle place à la mode pour vous dans le sport aujourd’hui ?

O.D : Elle a une énorme place ! On voit qu’aujourd’hui, tous les footballeurs font attention à leur image notamment du fait que les réseaux sociaux soient très développés. Aux USA, lorsque l’on voit arriver les basketteurs avant un match NBA, c’est un véritable défilé de mode. Clairement, le quotidien des sportifs est impacté par la mode.

Steeven, quel rapport entretenaient les New Yorkais des années 2000 avec la mode et le style. Même question pour toi Ousmane mais rapport aux Italiens et notamment aux Milanais.

S.K : A New York dans le début des années 2000, le streetwear/hip-hop était partout ! J’étais vraiment connecté avec cette mode avec les acteurs de cette mode là. Dans le hip-hop, il y a toujours eu cette envie de se démarquer depuis son arrivée à la fin des années 70. Au début, les précurseurs du hip-hop avaient un style « black panthers », dans les années 80, c’était plutôt les lunettes Cazal, les joggings Adidas et dans les années 90, on a vu apparaître une graine d’entrepreneurs dans l’industrie du hip-hop que cela soit forcément dans la production musicale mais également dans d’autres univers. Ainsi, on a vu naître la mode streetwear avec des marques comme « Fubu », « Karl Kani » et les rappeurs sont devenus des influenceurs et des vecteurs de communication. On partait de zéro pour créer cette mode hip-hop/streetwear mais il y avait tout pour la développer, à savoir une culture et un lifestyle. En plus, dans la « black culture », le vêtement a une place prépondérante.

O.D :  En Italie, le rapport avec la mode est très étroit, un peu comme en France. En plus, quand je suis arrivé en Italie, j’étais à Milan où il y a plein de défilés. D’ailleurs, on m’avait proposé de défiler mais honnêtement, je ne me sentais pas légitime pour faire ce genre de chose. J’étais au début de ma carrière et j’estimais ne pas être assez connu. J’observais les gens de la rue ou encore mes coéquipiers et je les admirais au niveau de leur style. Néanmoins, même si je me suis mis à me passionner pour la mode, je gardais mon identité hip-hop. Quand j’étais à Rennes, je m’habillais avec des vêtements larges et j’étais obligé de ramener mes fringues de France car en Italie, le look hip-hop n’était pas du tout populaire et donc développé. Les gens me regardaient plutôt bizarrement là-bas (rires). Après je trouvais que les Italiens avaient la classe quand ils se sapaient donc petit à petit, j’ai commencé à mixer leur look et le mien et j’ai fini par m’habiller à l’italienne. De plus, j’ai appris certains codes comme le fait de ne pas mettre de chaussettes blanches avec un jean ou un pantalon de costume. Clairement, claquettes/chaussettes, c’est pas pour tout de suite là-bas (rires) !

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Quels étaient vos icônes de la mode dans ces années-là ? 

S.K : C’est vrai que j’ai baigné dans la culture hip-hop depuis jeune donc ceux à qui on s’identifiait, c’était les grandes stars du rap. S’il y en avait un qui se démarquait par son style, je dirais Method Man. Il dégageait quelque chose au niveau de son look, même la façon de mettre son bonnet, c’était cool. Je me disais, le gars, il a du « flow ». Aujourd’hui, chez les rappeurs, j’aime bien Tinie Tempah et franchement, ASAP Rocky, c’est pas mal !

O.D : A l’époque, Tupac m’a beaucoup influencé. Après je ne mettais pas le bandeau de la même manière que lui mais j’adorais ce qu’il dégageait. Il y a avait aussi Snoop Dogg, en gros la « West Coast », ça envoyait du lourd. Aujourd’hui, le rappeur le plus modeux, c’est ASAP Rocky mais honnêtement même si j’aime bien son style général, parfois c’est vraiment « too much ».

 

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Que représente pour vous un sportif comme Allen Iverson ? Celui qui est à l’origine du Dress Code en NBA et qui représente bien le passage du Streetwear au streetwear de luxe.

S.K : Iverson, c’est lui qui a changé les codes ! Il a ramené les codes du hip-hop dans le basket et a lancé une tendance.

O.D : Moi, il m’a énormément influencé car j’étais fan de lui. C’était mon joueur favori avec Jordan, j’adorais son style avec les tatouages, les tresses.

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Aujourd’hui, French Deal se revendique comme une marque de streetwear de luxe. La concurrence ne devient-elle pas trop dure avec toutes les grandes enseignes de luxe qui font de nombreux partenariats avec des Supreme ou un Louis Vuitton qui engage Virgil Abloh ?

O.D : Steeven ne va pas le dire mais il l’avait vu depuis longtemps et c’est ce que nous a orienté.

S.K : Si aujourd’hui « French Deal », ça existe, c’est parce qu’il y a eu un long travail en amont. Pour ma part, cela fait plus de 10 ans que je suis sur ce créneau. Honnêtement, de voir tout cet engouement autour du streetwear de luxe est plutôt bien mais pour moi, ce n’est juste pas authentique. C’est du pur opportunisme et du business. De notre côté, l’histoire est vraie et on a la culture qui va avec. On a une vraie démarche hip-hop et une vraie vision. Les marques qui s’approprient notre culture, c’est calculé.

Concernant Virgil Abloh chez Vuitton, je n’ai pas à commenté. Après, lui il fait son taff, il saisit l’opportunité et c’est bien pour lui.

Comment définir le style French Deal ?

S.K : Urbain et c’est la rencontre du hip-hop et du luxe.

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De quels milieux viennent actuellement vos clients les plus fidèles ?

S.K : Il y a pas mal de gens qui font partie de notre réseau dont beaucoup de sportifs de haut niveau. Mais aujourd’hui, cela commence à s’étendre avec des gens qui ont compris la démarche French Deal. Après notre vestiaire, au fur et à mesure des années, il s’élargit et je pense que toutes personnes qui aiment les choses recherchées et de qualités, ils peuvent trouver leur bonheur chez French Deal. Notre coeur de cible, c’est 30-40 ans après pour les sportifs professionnels, ils sont forcément un peu plus jeunes et ont un pouvoir d’achat hors-norme.

Aujourd’hui, on a 3 départements, on a le streetwear, le sportswear et le tailoring. On a donc aussi la partie costume et chemiserie qui parle à une tranche d’âge plus élevée aussi.

Quelles sont les pièces qui se vendent le plus chez French Deal ?

S.K : Ce sont les blousons !

Quel est l’objectif à court et long terme de French Deal ?

S.K : A court terme, c’est de continuer le développement de la marque et à véhiculer le message. Et à long terme, c’est vraiment de construire une marque solide positionnée sur le secteur très haut de gamme et de continuer à exister. Après à voir, si on va faire un flagship, un corner dans un grand magasin ou encore un showroom. Jusqu’à présent, on n’a pas développé la marque d’une manière conventionnelle et on a pris le taureau par les cornes.

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