« InstaPics » d’Enzo Lefort

Interview

« InstaPics » d’Enzo Lefort

Instagram, voilà le réseau social le plus parlant au niveau de la vie de ses utilisateurs. Ainsi, découvrez notre interview "InstaPics" qui permet de découvrir les athlètes à travers des photos de leur lifestyle !

Pour ceux dont le nom d’Enzo Lefort n’évoquerait pas grand chose, sachez tout simplement que l’on parle du meilleur escrimeur français de sa génération. Champion du monde par équipes en 2014, champion d’Europe par équipes en 2015 et vice-champion olympique par équipes en 2016 à Rio, Enzo a décidé de répondre à notre interview « InstaPics » dans le but de revenir sur sa vie, son lifestyle et bien entendu sa passion avec la décontraction qui le caractérise !

Avant de commencer ton « InstaPics », peux-tu nous parler de ta relation avec Instagram ?

J’ai commencé à vraiment être actif sur Instagram depuis 2014/2015 en mettant en scène mon quotidien, tout ce que je trouvais. Et au fur et à mesure, mes goûts se sont forcément affinés et je me suis également rendu compte de la puissance d’Instagram pour un sportif amateur comme moi. Vu que l’on a pas forcément beaucoup de sponsors dans l’escrime, cela nous permet de montrer son lifestyle. Et surtout j’ai rapidement observé que Facebook, c’était dans le partage de contenus de base alors que sur Instagram, on est beaucoup plus sur l’esthétisme. Et c’est depuis 2016 que j’ai commencé à essayer de poster des photos vraiment belles et cools.

Concernant mon utilisation de l’appli, je suis beaucoup plus posts que stories. Déjà car faire des stories pendant l’entraînement, qui est une grande partie de ma vie quotidienne, cela soule les entraîneurs et aussi car les posts, on gère mieux ce que l’on veut faire passer comme message. Il ne faut pas se leurrer, Instagram, ce n’est pas la vraie vie, on laisse transparaître l’image de soi que l’on veut bien montrer aux autres. Et enfin, je suis peu de stars mais plus des gens que je connais, des choses inspirantes et des médias.

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Que peux-tu nous dire sur le jeune Enzo ? Son enfance en Guadeloupe ? Sa relation avec ses parents ?

Sur cette photo, je devais avoir 2 ans je pense. Pour l’anecdote, très jeune, j’étais très souvent malade, je faisais de l’eczema et je tombais malade toutes les 2-3 semaines. J’étais très fragile et je n’étais absolument pas prédestiné à avoir une carrière de sportif de haut niveau. J’ai eu une éducation très stricte et mes parents ne sont pas mes amis mais ils représente l’autorité. Je pouvais faire tout ce que je voulais à la maison mais il fallait que je le mérite. Forcément, quand j’étais ado, c’était un peu pénible surtout quand à côté les potes ont, eux, des parents un peu plus permissifs.

Mais aujourd’hui, je suis ravi de l’éducation que mes parents m’ont donné car, étant parti à l’âge de 16 ans de chez moi, je n’aurais peut-être pas eu les armes pour ne pas me laisser aller. Grâce à ce cadre de vie, je n’ai jamais eu de soucis pour m’occuper de moi jusqu’à présent et je pense que je ferai pareil avec mes enfants (rires).

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A tes débuts sur Instagram en 2013, tu postes quelques photos avec Isaora Thibus, guadeloupéenne et fleuretiste comme toi, que représente t-elle pour toi ?

Avec Yso, on s’entend très très bien et on se connaît depuis que l’on a 7 ans de mémoire. On a commencé l’escrime un peu près en même temps en Guadeloupe même si on n’était pas dans le même club. Et puis, on a pas mal de centres d’intérêts en commun dont l’escrime forcément mais aussi les soirées. Je crois que cette photo a été prise lors de son gala à l’ESCP. Aujourd’hui, cela fait 20 ans que l’on se connaît donc ça créé pas mal de liens.

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Tu es amené à beaucoup voyager avec la Coupe du Monde d’escrime. Quel pays t’a le plus marqué et pourquoi ?

Il n’y en a pas un qui se démarque mais trois en Asie, à savoir Tokyo au Japon, Séoul en Corée du Sud et Hong-Kong en Chine. Et si je dois faire un classement, je dis Tokyo en premier, Hong-Kong en deuxième et Séoul en troisième…3 villes incroyables.

Tokyo, c’est le paradis de la sape ! Il y en a pour tous les goûts et honnêtement, je pourrais me poser à un café toute une journée et regarder les Japonais passer. Ils ont tous des styles complètement différents, ça va du mec hip-hop, au rocker, à l’emo. Ils vont tous à fond dans leur look et ça leur va super bien. En plus, ils ne sont pas très grands et fins donc tout ce qu’ils portent, ça tombe bien sur eux. Et là-bas, il y a des marques qu’on ne trouve pas forcément en France et parfois à des prix attractifs car l’on a la détaxe et à voir le taux du Yen par rapport à l’Euro. Et puis tout est propre, tout est ordonné, il y a la queue pour rentrer dans le métro…tout est cool. Le seul bémol, si je dois en trouver un, c’est que la densité de population est extrême.

Après le plus dépaysant, c’était Hong-Kong car il y a le côté mégalopole mais à 30 minutes, il y a des plages paradisiaques, une nature luxuriante,…

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Tu es un habitué des Etoiles du Sport désormais. Peux-tu nous parler de cet événement bien connu des sportifs et ce que tu en ressors à chaque fois  ?

C’est une petit récompense les Etoiles du Sport ! Ce sont les sportifs qui ont fait des bons résultats qui sont invités pour passer une petite semaine au ski avec plein d’autres athlètes. Il y a également des entreprises, des chanteurs donc plein de personnes de différents milieux et tout est fait lors de cet évènement pour que le maître-mot soit le partage. Du coup, l’échange se fait très rapidement, il n’y a pas de barrières entre les sportifs et tout le monde est sur le même pied d’égalité.

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Tu sembles beaucoup aimer la photo, comment as-tu découvert cette discipline ?

Tout simplement avec mes copines (rires) ! Je suis sorti 2 fois avec des athlètes et c’était clairement pas mon truc et après je ne suis sorti qu’avec des filles qui étaient dans la créa. J’ai eu une ex, qui faisait une école d’art, une autre, une école d’archi d’intérieur, et l’actuelle, elle est styliste. Du coup, j’ai été sensibilisé à l’image, à la création de contenu, les vêtements donc le goût de la photo, c’est venu avec les gens que j’ai croisés dans ma vie. Et surtout, la photographie, c’est quelque chose qui me permet de sortir du monde du sport et de m’aérer l’esprit.

Parle nous du compte Behindthefencingmask ?

En fait, cela fait 2 ans que je me suis mis plus sérieusement à la photo et au numérique. Avec le numérique, j’arrivais vraiment un résultat que je souhaitais au niveau des teintes et je me suis mis à l’argentique récemment, en août. C’est ma copine qui m’a conseillé un petit appareil photo que je peux emporter partout. Ensuite, j’ai commencé à poster quelques photos sur mon compte principal mais mes followers s’en foutaient complètement car ça différait trop de mon univers d’escrimeur professionnel et de mon lifestyle. Donc j’ai eu l’idée de créer ce compte à côté où je poste que des clichés de gens, de choses de mon quotidien que je trouve belles…et puis pas de pression du like ou quoique ce soit.

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Tu faisais du tennis avant de t’orienter vers l’escrime. As-tu continué en parallèle à jouer au tennis ? Suis-tu l’actualité du tennis ? 

Pas du tout, j’ai tout perdu…je suis dégoûté (rires) ! Sinon, je suis tous les sports dont le tennis mais je suis surtout un gros fan de basketball. Après j’adore aller à Roland-Garros, c’est hyper cool.

Regrettes-tu parfois de ne pas avoir choisi une discipline plus médiatisée et donc mieux payée ?

En rigolant, je me dis que si j’avais fait du tennis, j’aurais gagné plus d’argent mais bon si j’avais fait du tennis, rien ne dit que je serais allé aux JO et que j’aurais vécu les choses incroyables que j’ai pu vivre jusqu’à présent. Franchement ma vie est belle, je suis basé à Paris, je m’entraîne à l’INSEP, j’ai la chance de voyager beaucoup…en conclusion, je n’échangerais pas ma vie pour une autre !

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Peux-tu nous parler de ce shooting ? Et de ce tournoi ?

C’est la fédération anglaise d’escrime qui organisait un tournoi en amont des Jeux Olympiques avec l’aide d’un gros sponsor « Beazley », une assurance. Et ce tournoi était organisé entre les 4 meilleures nations du monde, enfin 3 meilleures nations + Angleterre (rires), à savoir l’Italie, la France et les USA. C’était même plus une exhibition à la cool et en marge du tournoi, il y avait un shooting d’organisé qui était fun.

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Cela évoque quoi pour toi la Guadeloupe ? Et comment fais-tu vivre ta culture guadeloupéenne au quotidien  ?

La Guadeloupe, j’ai encore de grosses attaches là-bas, notamment mes parents et mon meilleur pote. J’essaie d’y aller 2 fois par an même si désormais c’est plutôt 1 fois. Honnêtement, quand je suis à Paris, je suis parisien et quand je suis en Guadeloupe, je suis guadeloupéen. C’est ce que j’aime bien, j’ai ces 2 cultures en moi et je ne suis pas du tout habillé pareil à Paris et en Guadeloupe par exemple. Là-bas, je retrouve mes fringues d’ado, les baggy, les t-shirts larges,…j’en ai rien à faire du style. Je ne parle même pas de la même façon à Paris ou en Guadeloupe…on peut aller jusqu’à dire que je suis un peu schizophrène.

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Tu fais partie de l’Armée de Champions…Peux-tu nous expliquer ce que cela veut dire ? Quels sont les autres athlètes connus qui en font partie ?

L’armée de champions, c’est un dispositif qui a été mis en place par le Ministère de la Défense pour aider les sportifs amateurs qui ne gagnent pas énormément d’argent. Ils partent du principe que comme les militaires, nous défendons les valeurs de la France à l’International. Du coup, ils nous versent une solde pour nous aider à payer notre loyer et les dépenses du quotidien. De mémoire, on doit être 110 sportifs dont de nombreux athlètes qui pratiquent des sports d’hiver. Sinon, comme athlète connu, Florent Manaudou en a fait partie pendant très longtemps, avant qu’il explose aux JO de Londres et médiatiquement. Et comme vous pouvez le voir, j’ai choisi l’Armée de l’Air car c’est quand même le corps le plus stylé (rires).

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Combien as-tu de tatouages ? Et que représentent-ils  ?

J’ai 4 tatouages. Le premier que j’ai fait, c’est un guépard car j’ai toujours été fasciné par cet animal. Quand j’étais gosse, je passais des heures à regarder des documentaires sur les guépards car ils ont un mélange de force, de vitesse tout en étant sensible et fragile. Le deuxième, c’est un bouclier spartiate car j’ai toujours adoré la Grèce Antique et il y même eu un moment où j’ai voulu être professeur d’histoire. Le troisième, c’est un »YOLO ». J’avais mis dans ma « bucket list » un tatouage à la con (rires). Et le dernier, c’est la déesse de la victoire, Niké, qui apparaît sur la médaille olympique.

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Que représente Mohamed Ali pour toi ?

Mohamed Ali, c’est un mec qui est hyper inspirant et qui a dépassé le monde du sport. Son discours, son éloquence, c’est quelqu’un qui avait un charisme assez fou. Après de là à dire que je l’idolâtre, il ne faut pas exagérer mais c’est vrai que j’avais un poster de lui dans ma chambre. Mais je suis aussi inspiré par Michael Jordan que j’adore.

Que représente les USA pour un sportif comme toi  ?

Après je ne suis pas un grand fan des USA. J’aime bien les grandes villes comme New York, Los Angeles ou San Francisco mais à petite dose. Ensuite, c’est sûr que j’admire la manière dont il mette en valeur le sport au niveau universitaire et dès le plus jeune âge. Après la France et les USA, ce sont deux façons de voir les choses : les Etats-Unis mettent de l’argent dans les sportifs de haut niveau, en France, le sport c’est l’éducation et clairement le sport de haut niveau est délaissé au profit du sport de base. Ce que j’aime aux USA, c’est que les sportifs sont très très reconnus. C’est clair qu’avec mon palmarès, outre-Atlantique, j’aurais plus de débouchés avec des marques,…mais la culture américaine très « show-off », ce n’est pas mon délire. Il faudrait trouver le bon équilibre entre les deux pays et culture du sport.

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Es-tu toujours proche des autres médaillés olympiques français des JO de Rio en 2016 ?

Sur cette photo, je m’entends bien avec tous mais je suis plus proche de Clarisse Agbegnenou et de Teddy Riner car je les vois plus souvent. Emilie Andéol, elle est retraitée, Audrey Tcheuméo, je la vois assez souvent mais j’ai moins d’atomes crochus avec elle. Enfin Tony Yoka, il s’entraîne aux USA.

Lors de la dernière olympiade, il s’est vraiment créé un truc. On était tous jeune, on aimait s’amuser, faire la fête, prendre du plaisir ensemble. Par comparaison, à Londres, en 2012, j’avais 20 ans, je ne connaissais personne…mais c’était quand même dingue, mes premiers JO, etc.

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Parle nous de Coltesse ?

Florent, je l’ai rencontré au pop up store d’une autre marque qui s’appelle « Misericordia » pour laquelle j’avais un peu posé. Et du coup, il m’a parlé de sa marque, il m’a montré et j’ai eu un vrai coup de coeur car c’est quelque chose que je ne voyais nulle part ailleurs. C’est une sorte de « COS » mais un petit plus haut de gamme. J’aime beaucoup le travail des coupes et la qualité des textures. Et puis j’ai vu Florent faire grandir sa marque au fur et à mesure et aujourd’hui, il a un magasin dans le 12ème arrondissement. Aujourd’hui, c’est un ami et je bosse un peu pour lui.

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Le look typique d’Enzo Lefort, c’est quoi ?

Un pantalon un peu large/droit, des sneakers récentes, et pour le haut, quand il fait froid, un col roulé sinon un sweat à capuche et un manteau oversize (pas comme celui de la photo où je ne rentre plus d’ailleurs). Et pour finir, mon appareil photo. Le style, c’est important car quand je me sens bien dans mes vêtements, je suis bien dans ma peau et j’ai confiance en moi…ce qui est primordial, c’est que cela soit confortable.

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Peux-tu nous parler de ta copine ? La première rencontre ?

On s’est rencontré il y a 2 ans et demi en soirée. Elle est plus âgée que moi, elle a 34 ans et elle est styliste. Elle a bossé pour des maisons de luxe comme Louis Vuitton, Balenciaga, Lacoste, Iro et un jour, elle en a eu marre de bosser en entreprise et elle a voulu monter sa marque de maroquinerie. Mais elle a arrêté, il y a un 1 an et demi, car elle ne s’entendait plus avec son associé. Et rapidement après, elle a monté un concept de « hip-hop/Yoga » car elle adore le yoga mais n’aimait pas forcément le côté spirituel.

Son rôle au quotidien pour toi le sportif de haut niveau ?

Elle m’aide beaucoup dans ma pratique de l’escrime car je n’y pense pas quand je suis chez moi (rires). Tous les jours, elle me demande comment s’est passé mon entraînement et je réponds « comme d’hab » (rires).

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On te voit souvent avec des Jersey NBA. Suis-tu beaucoup la NBA ? Quelle est ta franchise et ton joueur favori  ?

Je suis énormément la NBA et tous les midis, je suis devant l’émission de BeIN SPORTS, NBA Extra. C’est trop bien, 82 matchs, tous les jours des trucs de fou. Et puis j’adore le football mais honnêtement on s’embête souvent moins devant un match de basket. Je regarde le basketball depuis que je suis tout petit, peut-être à 8-9 ans, avec mon père car on était sur le même fuseau horaire. Je regardais les finales NBA avec Michael Jordan…une élégance incroyable. Actuellement, j’adore Steph Curry pour son côté insolence. C’est un petit mec avec une « baby face » mais qui se transforme en assassin avec une décontraction incroyable.

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BS

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